Créer une SASU en 2026 : étapes, coûts, premières obligations
Statuts, dépôt du capital, guichet unique, Kbis : la création d'une SASU suit un parcours balisé, plus simple qu'il n'y paraît. Ce guide 2026 détaille chaque étape, les coûts réels, la fiscalité de départ et les obligations qui commencent dès l'immatriculation.
La SASU — société par actions simplifiée unipersonnelle — reste en 2026 la forme préférée des créateurs qui se lancent seuls avec un projet de croissance. Un associé unique, une responsabilité limitée aux apports, une grande liberté dans la rédaction des statuts : sur le papier, tout séduit. Reste à franchir les étapes dans le bon ordre, sans payer plus que nécessaire, et à poser dès le premier mois des bases comptables saines.
La SASU en deux mots
Une SASU est une SAS (société par actions simplifiée) qui ne compte qu'un seul associé. La société possède sa propre personnalité juridique : son patrimoine est distinct de celui du fondateur, dont la responsabilité se limite en principe au capital apporté. Le capital, justement, est libre — 1 € suffit légalement, même si un montant plus étoffé rassure les banques et finance les premiers mois. À la tête de la société, un président, qui peut être l'associé unique lui-même, la représente vis-à-vis des tiers.
Autre trait distinctif : la liberté statutaire. Les statuts, ce document fondateur qui fixe les règles du jeu (siège, objet social, pouvoirs du président, entrée éventuelle de nouveaux associés), s'écrivent presque sur mesure. Une souplesse précieuse le jour où un investisseur frappe à la porte.
Cinq étapes pour créer la société
1. Rédiger les statuts
C'est l'étape la plus structurante. Des modèles fiables existent pour les projets simples ; dès qu'un pacte d'associés, une clause particulière ou une future levée de fonds se profile, l'appui d'un professionnel du droit se justifie.
2. Déposer le capital
Les apports en argent sont déposés sur un compte bloqué, en banque ou chez un notaire, contre une attestation de dépôt. La loi impose de libérer au moins la moitié des apports en numéraire à la constitution, le solde dans les cinq ans.
3. Publier l'annonce légale
Un avis de constitution paraît dans un support habilité du département du siège. Compter environ 200 €, le tarif étant forfaitaire mais variable selon le département.
4. Déclarer la création sur le guichet unique
Depuis 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique de l'INPI : formulaire en ligne, statuts signés, attestation de dépôt du capital, justificatif de siège, déclaration des bénéficiaires effectifs. Les frais de greffe avoisinent 70 € pour l'immatriculation au registre du commerce et des sociétés, un peu plus en comptant le dépôt des bénéficiaires effectifs.
5. Recevoir le Kbis
L'extrait Kbis — la carte d'identité officielle de la société — arrive après validation du dossier par le greffe : souvent moins d'une semaine quand le dossier est complet, parfois deux ou trois en période chargée.
Budget et délais réalistes
En passant par le guichet unique sans intermédiaire, la création d'une SASU coûte de l'ordre de 300 à 400 € tout compris : annonce légale, frais de greffe, dépôt des bénéficiaires effectifs. Les plateformes juridiques facturent en plus leur accompagnement, de quelques dizaines à plusieurs centaines d'euros ; un avocat, davantage. Un investissement parfois pertinent, jamais obligatoire.
Côté calendrier, deux à trois semaines séparent en général la signature des statuts de la réception du Kbis. Prévoir un peu de marge : une pièce manquante suffit à faire repartir le dossier en fin de file au greffe.
Impôt sur les sociétés, et l'option pour l'IR
Par défaut, la SASU relève de l'impôt sur les sociétés (IS) : la société paie l'impôt sur son bénéfice, au taux normal de 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique sur les premiers 42 500 € de bénéfice lorsque le chiffre d'affaires reste inférieur à 10 millions d'euros et que le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques — le cas de la quasi-totalité des SASU qui se créent.
Une option pour l'impôt sur le revenu (IR) existe, valable cinq exercices au maximum, sous conditions : société de moins de cinq ans, moins de 50 salariés, chiffre d'affaires ou total de bilan inférieur à 10 millions d'euros, capital détenu à 50 % au moins par des personnes physiques dont 34 % au moins par les dirigeants. Le bénéfice — ou le déficit — remonte alors directement dans la déclaration de revenus de l'associé. L'option se révèle surtout utile quand les premières années s'annoncent déficitaires : les pertes viennent réduire les autres revenus du foyer.
Un président assimilé salarié
Le président de SASU relève du régime général de la sécurité sociale : on parle de dirigeant « assimilé salarié ». Concrètement, chaque rémunération donne lieu à un bulletin de paie et à des cotisations sociales élevées, en contrepartie d'une protection proche de celle d'un salarié — hors assurance chômage, à laquelle le mandat de président n'ouvre pas droit.
Point souvent décisif au démarrage : sans rémunération, aucune cotisation n'est due. Le président peut travailler plusieurs mois sans se payer, le temps que la trésorerie se construise. Le revers existe : pas de salaire, pas de droits — ni trimestres de retraite, ni indemnités journalières sur cette période.
Les premières obligations comptables
Dès l'immatriculation, quatre chantiers s'ouvrent. Un compte bancaire professionnel d'abord — celui du dépôt de capital, débloqué sur présentation du Kbis, en tient lieu. Une comptabilité d'engagement ensuite : chaque facture émise ou reçue s'enregistre, qu'elle soit payée ou non, et l'exercice se conclut par un bilan et un compte de résultat déposés au greffe.
La facturation obéit à des mentions précises : numérotation continue, SIREN, adresses, taux de TVA le cas échéant. Quant à la TVA, la franchise en base dispense d'en facturer tant que le chiffre d'affaires reste sous 37 500 € pour les prestations de services ou 85 000 € pour les ventes ; au-delà, ou sur option, la société collecte la TVA et la déclare selon son régime. Enfin, chaque année, l'associé unique approuve les comptes et consigne sa décision dans un registre — dix minutes de formalisme qui rendent de grands services.
Sources officielles
- Guichet unique des formalités d'entreprises — INPI
- Créer une SASU — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Article 219 du CGI (taux d'IS) — Légifrance
- Franchise en base de TVA — entreprendre.service-public.gouv.fr
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La compta décrite dans cet article ? Marguerite la prépare, la validation reste humaine.