Réforme 2026

ACRE 2026 : ce qui change au 1ᵉʳ juillet

L'exonération de cotisations de la première année change de visage : pour les créations à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, l'ACRE tombe de 50 % à 25 %. Qui reste concerné, comment ça marche pour un micro, et ce que cela coûte.

Dossier·6 min de lecture·Mis à jour le 26 juin 2026Chiffres vérifiés sur les sources officielles

L'ACRE, ce coup de pouce des premiers mois qui allège les cotisations, n'a pas disparu : elle a maigri. Pour toute activité créée à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, l'exonération passe de la moitié au quart des cotisations sociales. Un changement discret mais concret, qui se compte en centaines d'euros la première année.

Ce que l'ACRE change pour un créateur

L'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'une entreprise) est une exonération partielle des cotisations sociales accordée au démarrage. Pour un micro-entrepreneur, elle prend une forme très lisible : un taux de cotisations réduit pendant la première période d'activité, au lieu du taux plein. Moins de cotisations à payer, donc davantage conservé sur les premiers encaissements.

L'aide s'adresse aux créateurs et aux repreneurs qui n'ont pas déjà bénéficié de l'ACRE au cours des trois années précédentes. Demandeurs d'emploi indemnisés ou non, bénéficiaires de minima sociaux, jeunes de moins de vingt-six ans, salariés reprenant leur entreprise : le champ est large. Pour un micro-entrepreneur, l'ACRE n'est toutefois jamais automatique : il faut la demander, et c'est justement sur ce terrain que 2026 resserre les règles.

Le tournant du 1ᵉʳ juillet 2026 : 50 % puis 25 %

Jusqu'ici, l'ACRE exonérait la moitié des cotisations la première année. Le décret n° 2026-69 du 6 février 2026, pris en application de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, ramène cette exonération à 25 % pour les créations intervenant à partir du 1ᵉʳ juillet 2026. Les activités créées avant cette date conservent leur exonération de 50 % jusqu'au terme de leur période.

C'est la date de début d'activité qui fait foi, et non la date de la demande. Une activité lancée le 30 juin 2026 relève encore des 50 % ; la même, lancée le 1ᵉʳ juillet, bascule à 25 %.

Le changement s'inscrit dans un mouvement plus large de recalibrage des aides à la création, porté par la loi de financement de la sécurité sociale. Il ne supprime pas l'ACRE : il en réduit l'ampleur, tout en conservant le principe d'un allègement la première année. Pour une activité qui démarre lentement, l'effet reste appréciable, même ramené au quart des cotisations.

Comment ça marche pour un micro-entrepreneur

La réduction s'applique du début d'activité jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui de la déclaration de début. La période se comptant en trimestres, un démarrage en tout début de trimestre en fait profiter un peu plus longtemps. La demande se dépose auprès de l'Urssaf au plus tard le soixantième jour suivant le début d'activité, et l'ACRE n'est pas accordée à qui en a déjà bénéficié dans les trois années précédentes.

La réduction ne s'applique qu'aux cotisations sociales proprement dites ; la contribution à la formation professionnelle et, le cas échéant, la taxe pour frais de chambre restent dues au taux plein. Concrètement, les taux de cotisations deviennent les suivants :

ActivitéTaux normalACRE 50 % (avant le 1ᵉʳ juillet)ACRE 25 % (à partir du 1ᵉʳ juillet)
Vente de marchandises12,3 %6,2 %9,2 %
Services commerciaux et artisanaux (BIC)21,2 %10,6 %15,9 %
Professions libérales (BNC, régime général)25,6 %12,8 %19,2 %
Professions libérales Cipav23,2 %11,6 %17,4 %

Ces taux résultent de l'application de la réduction au taux plein ; l'Urssaf publie le taux exact, arrondi, applicable à chaque activité.

Un exemple de calendrier éclaire cette durée. Une activité déclarée en février 2026 bénéficie du taux réduit jusqu'au 31 décembre 2026 : le trimestre de démarrage (janvier-mars), puis les trois trimestres civils suivants. Déclarée en avril, tout début de trimestre, elle en profiterait jusqu'au 31 mars 2027, soit près de douze mois pleins. Le simple découpage trimestriel fait ainsi varier la durée réelle de l'aide.

Avant / après : l'exemple chiffré

Deux consultantes en activité libérale (BNC), mêmes 30 000 € encaissés pendant leur période ACRE. Amélie a créé son activité en mars 2026 : elle bénéficie des 50 %, soit un taux de 12,8 %, et paie 30 000 € × 12,8 %, donc 3 840 € de cotisations. Barbara a créé la sienne en septembre 2026 : elle relève des 25 %, soit 19,2 %, et paie 30 000 € × 19,2 %, donc 5 760 €. À chiffre d'affaires identique, trois mois d'écart au calendrier représentent 1 920 € de cotisations en plus. Sur une activité qui monte en régime tout au long de sa période ACRE, l'écart cumulé se creuse encore davantage.

Point de vigilance : seule la date de début d'activité détermine le taux applicable, et l'ACRE ne se redemande pas si elle a déjà été accordée dans les trois ans. Mieux vaut déposer la demande dès l'immatriculation obtenue, dans le délai de soixante jours.

ACRE et allocation chômage

L'ACRE se combine avec les aides de France Travail. Un demandeur d'emploi qui crée son activité peut, sous conditions, continuer à percevoir une partie de son allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) le temps que le chiffre d'affaires monte, ou opter pour son versement en capital (ARCE). Les deux dispositifs répondent à des logiques différentes : l'ARE accompagne une montée en charge progressive, l'ARCE apporte une avance de trésorerie au démarrage. L'ACRE, elle, joue sur les cotisations, en parallèle des deux.

Ces aides ne se déclenchent pas d'elles-mêmes. Le maintien de l'ARE se demande auprès de France Travail et tient compte du chiffre d'affaires déclaré ; l'ARCE, elle, doit être sollicitée et exclut le versement mensuel de l'allocation. L'ACRE, enfin, s'obtient auprès de l'Urssaf. Trois guichets, trois logiques, qu'il vaut mieux articuler dès le montage du projet plutôt qu'une fois l'activité lancée.

Sources officielles

Chiffres à jour au 26 juin 2026 — revus à chaque loi de finances.

3 minutes par mois. Dès 9,99 €.

La compta décrite dans cet article ? Marguerite la prépare, la validation reste humaine.