La CFE du micro-entrepreneur : première année, exonérations
Exonérée la première année, absente sous 5 000 € de chiffre d'affaires, calculée sur une base minimum ensuite : la cotisation foncière des entreprises réserve peu de surprises au micro-entrepreneur qui en connaît les règles.
La cotisation foncière des entreprises surprend souvent le micro-entrepreneur : aucun local commercial, et pourtant un avis à payer en fin d'année. Bonne nouvelle, la première année est exonérée, les tout petits chiffres d'affaires aussi, et la note reste modeste ensuite. Encore faut-il en connaître les règles.
La CFE, l'impôt local du micro-entrepreneur
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local, composante de la contribution économique territoriale, dû par toute personne qui exerce une activité professionnelle non salariée. Elle est calculée sur la valeur locative des locaux utilisés pour l'activité. Sans local dédié — travail à domicile, chez les clients, en espace partagé —, une base minimum prend le relais.
Autrement dit, la CFE frappe même les activités sans mur ni vitrine : un consultant qui travaille sur son ordinateur portable y est soumis au même titre qu'un commerçant installé en centre-ville. Ce qui change, c'est l'assiette : à défaut de local imposable, c'est la base minimum, bien plus faible, qui sert de référence pour le calcul.
L'exonération de la première année
L'année civile de création est totalement exonérée, quelle que soit la date de début d'activité. La première CFE n'est donc due qu'à partir de l'année suivante. Une formalité conditionne cette exonération : déposer la déclaration initiale 1447-C-SD auprès du service des impôts des entreprises (SIE) avant le 31 décembre de l'année de création. C'est elle qui signale à l'administration l'existence de l'activité.
Cette exonération de démarrage ne dispense pas de la déclaration : elle en dépend, au contraire. Et l'allègement se prolonge un peu : la première année où la CFE devient réellement due, la base d'imposition est réduite de moitié. Ce n'est qu'à partir de l'année suivante que la cotisation s'établit à son niveau plein.
L'exonération si le chiffre d'affaires est faible
Au-delà de la première année, une seconde exonération protège les petites activités : un chiffre d'affaires annuel inférieur ou égal à 5 000 € dispense de la base minimum. Les activités d'appoint, les démarrages lents ou les années creuses échappent ainsi à la cotisation. Dès que le chiffre d'affaires dépasse ce seuil, la CFE redevient due.
La base minimum : au moins 247 €
Sans local, l'activité est imposée sur une base minimum votée par la commune, dans une fourchette qui dépend du chiffre d'affaires de l'avant-dernière année (N-2). Cette base va d'un plancher de 247 € jusqu'à 7 669 € pour les recettes les plus élevées : par exemple, entre 247 et 589 € pour un chiffre d'affaires allant jusqu'à 10 000 €, ou entre 247 et 1 179 € jusqu'à 32 600 €. C'est sur cette base que la commune applique son taux : la cotisation finale varie donc d'un territoire à l'autre, mais reste sans commune mesure avec l'impôt d'une entreprise disposant de véritables locaux.
Pour une activité récente, dépourvue de chiffre d'affaires deux ans plus tôt, l'administration retient d'abord les recettes de l'année précédente, puis celles de l'avant-dernière année dès qu'elles existent. Et comme chaque commune fixe librement le montant de la base minimum dans la fourchette légale, deux micro-entrepreneurs au chiffre d'affaires identique, mais installés dans des villes voisines, peuvent recevoir des avis sensiblement différents.
Payer la CFE : le 15 décembre
La CFE se paie pour le 15 décembre. Aucun avis papier n'est envoyé : il faut aller le consulter dans son espace professionnel sur impots.gouv.fr, puis régler en ligne. Lorsque la cotisation dépasse 3 000 €, elle se fractionne : un acompte de 50 % au 15 juin, le solde au 15 décembre. En dessous de ce montant, un seul paiement suffit.
La cotisation peut aussi être mensualisée : en adhérant au prélèvement mensuel avant le 30 juin, la charge se répartit sur l'année plutôt que de tomber d'un bloc en décembre. Un défaut de paiement à l'échéance expose à une majoration : mieux vaut donc penser à consulter son espace professionnel en fin d'année, puisque aucun courrier ne vient rappeler le rendez-vous.
D'autres exonérations possibles
Au-delà de la première année et du seuil de 5 000 €, d'autres exonérations existent, souvent liées au lieu d'implantation : certaines zones de revitalisation rurale, zones franches urbaines ou quartiers prioritaires ouvrent des allègements temporaires, sur délibération des collectivités. Quelques activités en sont par ailleurs dispensées par nature, comme certains artisans travaillant seuls ou des activités artistiques. Rien n'est automatique : ces situations se signalent au moment de la déclaration, auprès du service des impôts des entreprises. Un simple échange avec le SIE, ou une lecture attentive de l'avis en ligne, suffit souvent à vérifier ce à quoi l'activité peut prétendre.
Léna lance une activité de création de bijoux, exercée à son domicile, en 2026. Cette année-là, elle est exonérée de CFE au titre de sa première année ; elle dépose simplement la déclaration 1447-C-SD avant le 31 décembre 2026. Tant que son chiffre d'affaires annuel reste sous 5 000 €, elle demeure exonérée. Le jour où il dépasse ce seuil, la CFE devient due : faute de local commercial, elle n'est imposée que sur la base minimum de sa commune, au moins 247 €, à régler avant le 15 décembre. Le montant restant modeste, un paiement unique en fin d'année lui suffira, sans avoir besoin de mensualiser.
Sources officielles
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Un micro-entrepreneur doit-il payer la CFE ?
- impots.gouv.fr — Micro-entrepreneur et cotisation foncière des entreprises
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Cotisation foncière des entreprises (CFE)
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